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"Si souvent éloignée de vous" de Marlène Schiappa : Une promotion illégale couverte par l'Elysée

C’est une actualité presque passée inaperçue au milieu de la tornade Benalla et qui pourtant ne manque pas de gravité : Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a fait paraître le 9 mai dernier aux éditions Stock son nouveau livre Si souvent éloignée de vous. Seulement voilà, la promotion de ce livre personnel a été assurée…à l’aide des moyens financiers et matériels de l’Etat. Résumé des faits.

 


Entre promotion aux frais des citoyens français et utilisation illégale des moyens de l’Etat

 

Tout commence le 22 mai dernier. De nombreux journalistes de l’Hexagone reçoivent une invitation pour une séance de dédicaces à l’occasion de la sortie du nouveau livre de Marlène Schiappa. Seulement voilà : la confusion est faite entre vie privée et vie publique, et plusieurs journalistes s’interrogent de cette utilisation du carnet d’adresses et des moyens de l’Etat en vue de faire la promotion d’un ouvrage écrit à titre personnel par la secrétaire d’Etat. L’association française ANTICOR contre la corruption et pour l’éthique en politique monte au créneau dans la foulée : « On a utilisé le fichier et les moyens de l'État. Cela pose un problème pénal, de 'détournement de finalité de fichier' (délit passible de cinq ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende), mais aussi un problème déontologique. » Le Premier ministre et la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) sont saisis pour lever le voile sur ces agissements en contradiction parfaite avec la loi.

 



La première réaction émanera du cabinet de Marlène Schiappa qui évoquera un agissement général qui « s'inscrivait, malgré tout, dans la lutte pour l'Égalité entre les femmes et les hommes. » Mais on ne les reprendra plus concernant cette « maladresse » qui, de toute évidence, « ne se reproduira plus ». Le véritable problème n’étant pas forcément la réitération de tels actes mais l’explication et les sanctions possibles au sujet d’actes déjà passés…

 

 

Une « erreur humaine » selon Edouard Philippe

 

 

Deuxième réaction, deuxième tentative d’explication de cet acte illégal jusqu’à preuve du contraire : celle d’Edouard Philippe, le Premier ministre, qui déclare finalement que tout cela n’est qu’une « erreur humaine ». De l’art de passer l’éponge sans condamnation aucune.

 

 

 

Erreur humaine, soit. Mais cette affaire sème le trouble sur la secrétaire d’Etat et sur la réalité de cet événement : en utilisant les deniers publiques pour assurer la promotion de son ouvrage, Marlène Schiappa s’assure des économies importantes en amont tout en recevant un cachet que l’on imagine conséquent une fois ses livres vendus. Et si la promotion est payée par l’Etat, le cachet ne lui est pas reversé jusqu’à preuve du contraire. 




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