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Louis-Ferdinand Céline (encore) au coeur du scandale

Louis-Ferdinand Céline
Louis-Ferdinand Céline

Lettres it be vous en parlait il y a quelques jours, les pamphlets de Louis-Ferdinand Céline sont (à nouveau) au cœur de nombreuses discutions depuis que la maison Gallimard a annoncé sa volonté de rééditer ces textes. La veuve de Céline souhaitant ouvrir les droits de ces ouvrages après de longues années de refus et ce pour financer son traitement médical devenu vital, la célèbre maison d’édition française envisage donc une démarche identique à celle entreprise au Québec par les Editions 8. Une réédition qui est annoncée comme accompagnée d’un appareil critique établi par Régis Tettamanzi, spécialiste de Louis-Ferdinand Céline, et aussi d’une préface signée de la main de Pierre Assouline, membre de l’académie Goncourt. Une énième déclaration est donc venue relancer les débats, si cela était encore nécessaire : celle d’Edouard Philippe, le Premier ministre, fervent amoureux de littérature.

 

« Je n’ai pas peur de la publication de ces pamphlets, mais il faudra soigneusement l’accompagner. » C’est en premier lieu cette phrase délivrée au Journal du Dimanche qui a fait réagir de toutes parts. Autre morceau choisi au cœur des réactions : « Il y a d’excellentes raisons de détester l’homme, mais vous ne pouvez pas ignorer l’écrivain ni sa place centrale dans la littérature française. » Il n’a pas fallu attendre très longtemps pour prendre connaissance de l’avis de Serge Klarsfeld, défenseur du droit et de la mémoire des déportés juifs, au sujet de ces récents propos : « Il est probable que le Premier ministre n’a pas lu une seule page de ces abjects pamphlets anti-juifs ». Sur ce point, il est déjà possible de s’interroger sur l’éventuelle réaction de Monsieur Klarsfeld dans le cas inverse. Ensuite, ce dernier déclare dans le même communiqué : « Sinon il n’aurait pas utilisé l’argument de la « place centrale » de Céline dans la littérature française pour accepter la publication de ces pamphlets. » Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) y est aussi allé de sa déclaration dans un autre communiqué, demandant à Emmanuel Macro « d’intervenir auprès des éditions Gallimard pour qu’elles renoncent à publier les œuvres de l’anti-juif. »

 

Autre réaction surprenante entendue ce dimanche sur France 3 de la part de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur : « Dans les universités, il n’y a pas de livres interdits. Ce qui est important évidemment, c’est qu’on explique le contexte, pourquoi ça a été écrit, qu’est-ce qu’on peut en penser. » Un élément ressort tout de même lourdement de cette phrase : « qu’est-ce qu’on peut en penser »

 

 

Bagatelles pour un massacre, Les Beaux draps … Autant de textes qui raisonnent encore aujourd’hui comme le sommet de l’ignominie. Un autre sommet atteint dans l’œuvre de Céline après celui du sublime avec Voyage au bout de la nuit. En tout état de cause, cette réédition n’a pas fini de susciter la polémique dans l’Hexagone, où la question de la censure et de la liberté des Arts a rarement été autant au centre du jeu.




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