"Bâtard" de Max de Radiguès

Bâtard est le dernier ouvrage de Max de Radiguès publié chez Casterman
Bâtard est le dernier ouvrage de Max de Radiguès publié chez Casterman

Une couverture de jaune et noir vêtue, un dessin plutôt minimaliste, quelques billets verts qui volent allègrement, une police d’écriture solide, en gras et en noir avec laquelle s’impose à la vue le titre de ce livre publié chez Casterman : Bâtard. Max de Radiguès signe son retour mais n’annonce pas directement le ton : ouvrage pour enfants/ados ? Histoire de braqueurs un peu classique ? Un Ocean’s Eleven pour les kids ? Lettres it be a lu Bâtard et vous en dit un peu plus.


Max de Radiguès
Max de Radiguès

# La bande-annonce

 

May et son fils Eugene tracent la route, le coffre de leur voiture rempli de sacs de billets de banque. Ils viennent juste de participer à un « coup » exceptionnel : 52 hold-up simultanés à la même heure, dans la même ville. La police n’a rien pu faire !

 

 

Commence alors la cavale musclée d’un surprenant duo de braqueurs.

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

Chaque nouvelle parution de Max de Radiguès est une surprise. Editeur chez L’employé du Moi, plusieurs fois primé et récompensé pour ses livres et en premier lieu pour Frangins et 520km, passé par plusieurs résidences dont le célèbre Center for Cartoon Studies dans le Vermont aux USA et au côté de James Sturm et Jason Lutes, friand de fanzines et de publications en ligne, Radiguès est un touche-à-tout. Avec l’arrivée de Bâtard dans les rayonnages de nos librairies, il était une fois encore difficile de savoir à quoi s’attendre. Et nous n’avons pas été déçus du voyage …

 

Ce voyage commence donc avec May et son fils Eugene. Deux personnages qui sortent à peine d’un cambriolage de grande ampleur, du jamais vu dans l’histoire de la police du coin. Mais seulement voilà, beaucoup de personnes sont désormais à leurs trousses, affamées par le butin transporté par les deux comparses. Il va falloir jouer des coudes, et pas que, pour s’en sortir. Mais ce qui semblait être un ouvrage plutôt tourné à destination des plus jeunes d’entre nous prend très vite le visage d’un road-trip sanglant sur fond de rock’n’roll d’antan et d’aventure mère-fils.

 

 

Max de Radiguès a le don de faire monter la mayonnaise, multipliant les rebondissements, les changements de rythme (cette double-page à mi-lecture, waouh !), dans la plus pure tradition des comics de l’Oncle Sam, et ce malgré un découpage linéaire tout à fait classique, qui se rapprocherait de la bonne vieille bande dessinée de Papa. En noir et blanc, le lecteur prend part à un voyage haut en couleur, haletant, où l’action est toujours au beau fixe. La succession des péripéties rappellent à s’y méprendre ces grands films d’action américains où la tension monte inexorablement jusqu’au feu d’artifices final. Un pied de nez à l’industrie (trop) florissante du cinéma actuel : avec un crayon et de l’imagination, sans recours au moindre dollar même par million, Max de Radiguès fait naître une incroyable aventure, captivante de bout en bout. Brillant !

 

 

 

Max de Radiguès est un chimiste de génie. Il pique çà et là les composants de grandes œuvres pour les ajouter à la sienne en n’omettant pas d’y rajouter des éléments issus de ses passions personnelles. Ce Bâtard n’échappe pas à la règle : on pense y croiser du Tarantino à toutes les pages (La Mariée de Kill Bill ne peut pas ne pas être May !), le choix du noir et blanc n’est pas anodin, cette relation mère-fils est touchante, l’intérêt de l’auteur pour la culture américaine transparaît à chaque page. Et si c’était la suite (le préquel ?) de Kill Bill ? Et si Bâtard était le coup de fouet tant attendu de cette année 2017 côté BD-comics ? Et si Max de Radiguès était l’un des grands du dessin d’aujourd’hui ? Au moins là une chose qui est sûre et certaine ! 

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