"Pactum salis" d'Olivier Bourdeaut : quand la vie y met son grain de sel

Pactum salis est le deuxième livre d'Olivier Bourdeaut publié chez Finitude
Pactum salis est le deuxième livre d'Olivier Bourdeaut publié chez Finitude

"Pactum salis" d'Olivier Bourdeaut


Après le brillant Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet, la jolie maison Finitude revient sur les devants de la scène avec le nouveau livre d’Olivier Bourdeaut. L’occasion d’aller se promener du côté de Guérande, dans les traces d’un duo aussi fascinant que diamétralement opposé.


En attendant Bojangles était assurément LE succès de l’année 2016. Est-ce que Pactum salis, le nouveau livre d’Olivier Bourdeaut sera à la hauteur ? La réponse à cette question juste un peu plus bas !

 

 

# La bande-annonce

 

 

Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit.

 

Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s‘apprivoiser, au cœur des marais salants.

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

Le paludier ronchon qui cultive son désamour de l’Autre, l’agent immobilier prêt à tout pour aiguiser ses dents déjà bien longues. Le cadre est posé, ce deuxième roman d’Olivier Bourdeaut sera celui des contraires. Peut-être une redite après l’incroyable Maman d’En attendant Bojangles qui offrait déjà la figure déjantée d’un match des contraires entre la normalité et le reste. Pour Pactum salis, le natif de Nantes installe sa plume non loin de là, près de Guérande, pour développer cette nouvelle histoire. Quelle histoire !


Olivier Bourdeaut
Olivier Bourdeaut

 

Cette amitié imprévue, ce grandiose quiproquo, cette fascination haineuse de l’un pour l’autre, autant d’éléments qui constituent la trame narrative de ce roman. Le rythme se fait bien plus alangui que dans le précédent livre d’Olivier Bourdeaut. On se met patiemment dans les traces de ces deux personnages loufoques par leurs travers respectifs, comme si Le Misanthrope de Molière avait été écrit en écoutant un album d’AC/DC.  Qui est Alceste ? Qui est Philinte ? Finalement, qui aime le moins l’Autre ? Des questions qui se cachent maladroitement dans l’esprit du lecteur à la lecture de ce roman. Mais autant d’éléments de lecture, de tiroirs supplémentaires qui viennent ajouter leur grain de sel à l’histoire (pardon, c’était facile).

 

 

 

C’est caustique, c’est rythmé, c’est surprenant par endroit. La folie jazzy de Bojangles s’est éloignée et laisse place au bruit sourd des vagues de retour de marée. Le nouveau livre d’Olivier Bourdeaut ne se hissera pas à la hauteur du succès rencontré par En attendant Bojangles, c’est certain. Il n’empêche que Pactum Salis soit un livre à ne pas lire à l’ombre de ce succès passé mais bien à la lumière de l’émergence d’un auteur qui grandi et n’a pas fini de nous surprendre.

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