"La fin de la solitude" de Benedict Wells : coup de plume, coup de coeur

Critique Lettres it be du livre La fin de la solitude de Benedict Wells
La fin de de la solitude de Benedict Wells chez Slatkine

"La fin de la solitude" de Benedict Wells


 

Après Les Peaux rouges d’Emmanuel Brault, Lettres it be se penche sur un nouveau succès annoncé de cette rentrée littéraire : La fin de la solitude par Benedict Wells. L’auteur né à Munich en 1984 livre ici son sixième roman, et le premier traduit en France et publié chez Slatkine. Un roman initiatique à travers les tourments de la vie et l’indispensable nécessité de conserver la fragile flamme de l’espoir. Bluffant ? Lettres it be vous en dit plus.

# La bande-annonce

 

« Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. On ne sait jamais quand il se retournera contre vous. »

 

Jules n’a rien en commun avec ses frères et sœurs, Marty et Liz. Rien à part le tragique accident de voiture qui leur ôte leurs parents, alors que l’aîné de la fratrie n’a pas même douze ans. Après le drame, les trois orphelins deviennent des étrangers les uns pour les autres.

Jules est le plus solitaire des trois. Il évolue dans un monde imaginaire avec pour seule amie Alva, la mystérieuse Alva.

 

Les années passent… mais le passé sera toujours là pour les rattraper.

 

Ce roman poignant parle bien sûr de deuil et de solitude. Mais avant toute chose, La Fin de la solitude est une grande histoire d’amour.

 

Les éditions Slatkine qui proposent La fin de la solitude de Benedict Wells
Les éditions Slatkine

// « - On est depuis la naissance sur le Titanic. Mon frère secoue la tête, ce genre de discours le met mal à l’aise. Ce que je veux dire, c’est qu’on va couler, personne ne survivra, c’est déjà décidé. Rien ne peut changer ça. Mais on peut choisir de paniquer et de courir dans tous les sens en hurlant ou d’être comme les musiciens qui continuent de jouer avec courage et dignité, alors que le bateau coule. » //

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

 

Jules Moreau est le centre névralgique de ce roman, au côté de son frère Marty et de sa sœur Liz, et de toutes les personnes qui vont se trouver sur sa route, en particulier la belle et énigmatique Alva. La vie gravite autour de lui, la vie avec ses tempêtes et ses éclaircies, avec ses joies et ses peines. 

Benedict Wells l'auteur de La fin de la solitude chez Slatkine
Benedict Wells, La fin de la solitude est son premier roman traduit en France

Le roman s’ouvre sur un premier chapitre qui restera dans les mémoires. Un lit d’hôpital, un homme meurtri, une vie qui défile, qui famille qui défaille. Le cadre de l’histoire se pose brutalement, le roman débute et met d’emblée le lecteur dans une course haletante en vue de découvrir cette histoire et la dévorer littéralement.

 

L’expression est facile et courante, mais il est vrai que La fin de la solitude n’est pas un livre qui se lâche, qui permet une lecture entrecoupée. D’un bloc, ce livre s’accueille bon gré mal gré et enlace toute votre attention. Jusqu’à un final saisissant, au-delà même de l’émotion simple qui se fait ressentir de temps à autre dans un bon roman. Ici, tout est décuplé : comme dans les grands livres.

 

 

La fin de la solitude pourrait être la suite moderne de L’attrape-cœurs. Ce gosse perdu sous la plume de J.D. Salinger semble reprendre vie sous celle de Benedict Wells. L’intensité est palpable, la vie ronge ce garçon devenant homme mais toujours, toujours, l’espoir reste en ligne de mire. L’amour puis la déception, la haine et la repentance s’installe confortablement dans les pages de ce roman et se mettent à danser autour de Jules et sa famille, du moins celle qui subsiste encore en ce bas-monde. Wells offre un roman aussi puissant que celui de Salinger : de quoi placer le jeune auteur allemand déjà dans la cour des grands ?

 

 

Le réel et l’inventé mêlés offrent aussi à ce roman une douce enveloppe métaphorique : finalement, où est l’inventé ? Alva pourrait-elle être le fruit des rêveries les plus folles de Jules ? La question se pose et termine de modeler ce roman comme un immense livre.

 

 

// « J’ai bien conscience que ces rêveries sont puériles. Et pourtant, je suis sûr qu’il existe un endroit dans l’univers où ces deux mondes sont aussi vrais l’un que l’autre. Le réel et l’inventé. » //

 

 

Une véritable pépite détectée par les Editions Slatkine, une plume brillante, incandescente et qui illumine une rentrée littéraire peut-être trop focalisée autour de thèmes sociétaux passés et actuels. Ici, la vie prend forme et le livre devient une cure d’espoir. Un grand coup de cœur !



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