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Illusions Dangereuses, l’irrévérence très française de Vitaly Malkin


 Yuval Harari, historien israélien, expliquait qu’Homo Sapiens était parvenu à s’imposer aux autres espèces animales, non grâce à sa force physique mais à sa factualité à créer des réalités virtuelles et à y adhérer aveuglément.  Pour Vitaly Malkin, qui publie son premier essai Illusions dangereuses le 16 mai, cette inclinaison tragique a conduit l’humanité à imaginer des chimères. Celles-ci ont amené avec elles un ensemble d’interdits et de censures, fondés sur l’espérance illusoire d’un au-delà divin, dans lequel seraient récompensées toutes les bonnes actions de la vie terrestre.

 

Le refus de la quête de l’amour divin, le culte des plaisirs terrestres.

 

Tant un « acte de guerre » mis au service du bonheur et de la joie qu’un engagement militant contre le renoncement induit par des pratiques religieuses jugées mortifères, Illusions dangereuses s’inscrit dans une ligne intellectuelle directement héritée des Lumières françaises. Cette francophilie assumée et revendiquée rejoint un goût de l’irrévérence et du « politiquement incorrect », exhaussant les bonheurs terrestres au rang de seule source immuable de jouissance.  Dans une optique philosophique, cette approche nous invite à repenser la vie dionysiaque imaginée par Nietzsche, empreinte d’un culte de l’immédiateté et de la fougue, contre le calme ordonnancement apollinien.

 

Kierkegaard, philosophe danois, nous présentait ainsi une vie jalonnée de différents stades, dont l’étape finale demeurait le stade religieux, invitant l’Homme à un état purement contemplatif, entièrement voué à l’amour divin. L’esthéticien, dont la vie repose sur la jouissance volontaire, ne serait qu’une étape intermédiaire et de souffrance vers la vie religieuse. Vitaly Malkin cherche à s’inscrire à rebours de cette lecture philosophique pour, au contraire, ennoblir la concupiscence et la luxure. Point saillant de la réflexion de l’auteur, elle se double d’une réflexion politique et engagée en faveur du droit des femmes à disposer de leurs corps et à s’opposer aux pratiques barbares les plus primaires, l’excision notamment.

 

« En glorifiant une seule femme, la Vierge Marie, elle (la religion) a gâché la vie de centaines de millions d’autres femmes, désormais jugées incapables de concevoir de façon pure » affirme ainsi l’auteur.

 


Un « chemin de croix », en faveur de la raison humaine.

 

Pour y parvenir, Vitaly Malkin nous entraine dans une réflexion fondée sur l’usage retrouvé de la raison. Loin d’être un combat aisé, cet engagement intellectuel est en porte-à-faux d’une majeure partie de la pensée religieuse occidentale, qui place la relation avec Dieu au cœur de la vie terrestre humaine. En évoquant les Illusions dangereuses, Frédéric Beigbeder parle ainsi d’un « pamphlet ambitieux (qui) prolonge la pensée de Voltaire et du marquis de Sade, deux antireligieux célèbres ».  Guillaume de Sardes, écrivain français, distingué notamment par le prix François-Mauriac de l’Académie française, l’inscrit dans la lignée philosophie épicurienne, en expliquant qu’« en dépit du temps et de la distance, une filiation existe entre les deux hommes ». Selon l’auteur, la raison est ainsi le principal outil de l’Homme contre les « chimères » et toutes les règles et coutumes étrangères aux réalités naturelles du monde terrestre. Vitaly Malkin tente ainsi de retrouver « cette tradition merveilleuse de la pensée critique » à travers un pamphlet, puisant tant ses réflexions dans la littérature religieuse et les Livres saints que dans la philosophie antique. Dans le contexte actuel, ce livre fait écho aux débats prégnants sur la laïcité en France et aux tensions religieuses qui traversent le monde entier.

 

« La laïcité et la tradition républicaine ne sont plus que des éléments de langage employés par des penseurs et des politiciens démagogues dans les pages débats et opinions de nos quotidiens. »

 

« Illusions dangereuses – A retrouver le 16 mai en libraire » 

 

 





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