"Une famille comme il faut" de Rosa Ventrella : l'amie (beaucoup moins) prodigieuse

Une famille comme il faut est le nouveau roman de l'auteure italienne Rosa Ventrella publié chez Les Escales
Une famille comme il faut est le nouveau roman de l'auteure italienne Rosa Ventrella publié chez Les Escales

Le 10 janvier dernier est sorti aux éditions Les Escales Une famille comme il faut, le premier roman traduit en français de l’auteure italienne Rosa Ventrella. L’occasion de plonger dans l’Italie des années 80, du côté de Bari, au côté de la jeune Maria dite « Malacarne ». Tout cela pour découvrir ses joies et ses peines, ses différentes aventures… Vous avez dit ressemblance ?


 

# La bande-annonce

 

Dans la ville de Bari, au sud de l’Italie, tout le monde connaît Maria sous le nom de « Malacarne » (mauvaise chair), un surnom que lui a donné sa grand-mère en raison de sa peau foncée et de sa nature impulsive qui la distinguent des filles de son âge. En 1984, Maria a neuf ans et grandit dans une famille pauvre, entourée de sa mère douce mais effacée et de son père violent et autoritaire. C’est auprès de son ami Michele, lui aussi en retrait de la vie de son quartier, qu’elle trouve refuge.

 

 

Entre vieilles rancunes familiales et déterminisme social, Maria va devoir se battre pour s’affranchir et réaliser ses rêves.

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

Est-il seulement nécessaire de donner un avis construit sur Une famille comme il faut ? Si seulement ce livre était sorti il y a quelques années, avant l’apparition sous la lumière d’une certaine Elena Ferrante… Sauf que Rosa Ventrella a le malheur d’arriver avec un train de retard. Une famille comme il faut reprend la très grande partie des éléments qui ont pu faire le succès de la saga L’Amie prodigieuse. L’histoire se ressemble, les situations sont calquées, l’écriture sent curieusement les mêmes choses, les personnages empruntent des traits de caractère si proches qu’on s’attend à croiser au détour d’une page les filles et les garçons nés sous la plume de Ferrante, comme un caméo méritoire. Mais non, l’illusion se veut parfaite. Et la copie, totale.

 

Rosa Ventrella
Rosa Ventrella

Il existe des produits alimentaires qui reprennent les codes des plus grandes marques pour tenter de faire illusion. L’étiquette est presque la même, les couleurs sont très proches, le nom peut porter à confusion. Parfois, le goût est semblable au point d’être une véritable alternative. Parfois, ce même goût laisse à désirer et la tentative d’imitation est perçue dès les premières bouchées. C’est exactement ce que l’on peut ressentir à la lecture d’Une famille comme il faut de Rosa Ventrella. Bien sûr que des romans peuvent emprunter des thèmes communs et des visées proches. Bien sûr qu’une thématique n’appartient pas à un livre, et vice-versa. Mais que diable ! Comment peut-on espérer surfer à ce point sur la vague d’un roman encore tellement d’actualité qu’il aspire sans vergogne tout ce qui s’en rapprocherait de près ou de loin ? Sans même se cacher, l’éditeur de ce roman met en avant sur le bandeau une citation de La Gazzetta del Mezzogiorno, citation qui dit : « Rosa Ventrella est l’Elena Ferrante de Bari ». On peut reconnaître au moins ici le privilège de l’honnêteté. Mais le reste, rien que pour cet opportunisme littéraire, on recale volontiers ce roman.

 



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