"Espérance de vie de l’Amour dans une économie globalisée" de fréville : cadres d'ici et surtout d'ailleurs



Tous les auteurs ont leur place sur Lettres it be, surtout les auteurs encore à découvrir, tapis dans les coins sombres des librairies, prêts à surgir et montrer toutes leurs forces… et leurs faiblesses. Cette fois, nous sommes allés dénicher le roman de fréville (c’est un pseudonyme), Espérance de vie de l’Amour dans une économie globalisée publié chez Chemins de traverse. Belle trouvaille…



 

# La bande-annonce

 

"À quoi servent les congrès d'affaires dans les hôtels de luxe ? À rien, bien sûr, mais pas seulement. Pourquoi ne pas en profiter pour vivre une liaison extra-maritale tous frais payés, sans danger d'intrusion familiale, avec le sentiment grisant de vivre dangereusement, deux jours par an ? Ou l'art de concilier le confort de la routine, la sécurité du couple, et l'excitation de l'interdit, sans le moindre risque. Quoique."

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

Des cadres de grande entreprise, des séminaires, des villes du monde entier, une rencontre, une histoire fugace. Dans ce roman, l’auteur du jour fait le choix d’un pari simple au demeurant : s’immiscer dans la réalité de ces gens d’une frange bien particulière de la population. Ces gens-là, comme dirait l’autre, qui naviguent d’un endroit à l’autre, portés par les business class et les golden cards, ces gens enviés et fantasmés. Mais qui sont-ils sous la couette, une fois les costumes et les tailleurs enlevés ? « Sur le plus haut des trônes », vous connaissez la suite.

 

 

 

Ça s’aime, ça se quitte, ça se trompe et ça fait tomber les tringles à rideaux. On pourrait résumer assez brièvement ce livre, mais ce ne serait pas lui rendre hommage. Oui, parce qu’il y a hommage à rendre : des tournures drolatiques et saillantes en passant par une rythmique enlevée et un véritable sens du rendu de l’absurdité des existences, fréville fait dans la justesse, la plupart du temps. On range volontiers ce livre à côté de ceux des auteurs de la nouvelle vague de la Beat Generation, à côté du Faux départ de Marion Messina, entre autres. fréville rend compte d’un morceau d’époque avec ses travers, ses instants de lumière et… ses travers !

 

 

La vidéo du moment

C’est devenu la tarte à la crème, mais c’est quand même encore assez jouissif pour être rappelé quand les découvertes le méritent : il y a du Houellebecq. Il y a vraiment du Houellebecq dans ce roman désabusé, désenchanté, où ces êtres humains hors-sol naviguent d’hôtels en conférences, sans chez soi, sans identité propre qu’une chambre nettoyée toutes les matins et un rang dicté en anglais dans une grande entreprise mondialisée. Dans Espérance de vie de l’Amour dans une économie globalisée, fréville fait le pari d’un tel récit : l’amour fuyard, pour le frisson et pour le frisson seulement entre Théodore et Pamela, au demeurant bien sous tous rapports. Une heureuse découverte, qui pousse à en chercher plus du côté des autres livres écrits par cet auteur. À suivre !

 


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