C’est une auteure très appréciée des lecteurs qui pose son nom dans la foule de la rentrée littéraire, session 2019. Une auteure attendue à chaque parution, soutenue et choyée. Valérie Tong Cuong revient cette fois avec Les guerres intérieures publié chez JC Lattès. Ou quand la culpabilité ronge, jusque dans la destinée…
# La bande-annonce
« Pourra-t-il vivre avec ce secret, l'enfouir dans un Precoin de son âme dont il verrouillerait l'accès, ne plus jamais y penser, ne plus jamais y revenir ? Pourra-t-il soutenir le regard de cette femme qu'il aime tant ? Pourra-t-il lui mentir jour après jour sans jamais rien laisser paraître ? Oui, le voilà le vertige : la protéger, c'est la trahir. »
Dans Les Guerres intérieures, Valérie Tong Cuong explore les méandres d'un cas de conscience obsédant et les pièges de la culpabilité. La lâcheté ordinaire, la domination du désir et de la peur et le dépassement de soi sont au cœur de ce livre fiévreux qui met en scène des personnages d'une humanité bouleversante.
# L'avis de Lettres it be
Prix des Lecteurs du Livre de Poche, Grand Prix des lecteurs de Seine-Maritime, Prix Bonheurs magazine, et la liste est encore longue… Avec Par amour paru chez JC Lattès en 2017, Valérie Tong Cuong avait terminé de construire sa renommée, de fidéliser ses lectrices et lectrices à l’aide d’un joli roman, savamment dosé. Mais l’attente est forcément toujours plus dure à surprendre, convaincre et rassurer. Un pari réussi avec Les guerres intérieures ?
Il y a Pax, Emi. Il y a Alexis. Il y a des destins opposés, qui ne devaient pas se croiser. Puis il y a le drame, les cris et les coups, les silences qui se créent et les mots qui se taisent. Pour son nouveau livre, Valérie Tong Cuong s’immisce sur les territoires mouvants de la culpabilité, de ces moments que l’on oublie volontairement quitte à mimer le reste de sa vie. D’un postulat de départ intéressant et riche en possibilités, l’auteure qui signait son tout premier livre en 1997 (Big chez Nil Éditions) se perd peut-être un peu trop vite en considérations élémentaires et rebondissements poussifs. Non pas que le livre déplaise, loin de là grâce à une plume de belle facture, mais Valérie Tong Cuong est peut-être dans un registre trop aisé, sans réelle prise de risque. On lit, on apprécie. Et c’est tout. Peut mieux faire.
C’est une poésie du quotidien qu’offre Valérie Tong Cuong, une poésie de la culpabilité. Malheureusement, ces guerres intérieures sentent le cessez-le-feu, le conflit manque cruellement d’âpreté. La culpabilité, et après ? Et alors ? Petite impression d’insuffisance dans un récit qui tenait pourtant de belles promesses. Les guerres intérieures se taisent, et rien n’a vraiment changé.
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