"Les Porteurs d'eau" de Fred Duval et Nicolas Sure : le Tour de France par deux apprentis escrocs

Les Porteurs d'eau est le premier album commun de Fred Duval et Nicolas Sure publié chez Delcourt dans la collection Mirages
Les Porteurs d'eau est le premier album commun de Fred Duval et Nicolas Sure publié chez Delcourt dans la collection Mirages

Alors que le Tour de France 2018 vient tout juste de rendre son verdict dans un climat de tension palpable, la faute encore à un dopage qui laisse traîner encore et encore son ombre planante, Lettres it be vous parle aujourd’hui de la dernière BD signée Fred Duval et Nicolas Sure Les Porteurs d’eau parue chez Delcourt dans la collection Mirages. Une BD autour du vélo, pour le célébrer autant que le réprimander de ses excès encore trop présents ? Juste une sombre histoire de trafic de produits dopants histoire d’enfoncer le clou encore et encore ?


# La bande-annonce

 

Jérôme Pignon et Florian Cornu sont sur le point d’acheter des produits dopants lorsque la douane débarque, obligeant les deux jeunes espoirs du cyclisme à prendre la fuite, le coffre plein d’argent et de marchandise. Leur cavale va les mener de Dieppe jusqu’au Mont Ventoux. Une poursuite tragi-comique durant laquelle le petit Pignon devra également affronter le fantôme de son père, coureur professionnel mort à 37 ans d’une embolie pulmonaire.

 

# L'avis de Lettres it be

 

Le dopage au sein du peloton cycliste, les envies inassouvies des jeunes sportifs prêts à tout pour percer et faire connaître leur nom auprès des amoureux de la petite reine, les risques encourus par les principaux fournisseurs de produits dopants… Les Porteurs d’eau s’inscrit bien dans l’ère du temps alors que l’affaire Festina datant de 1998 ne s’est jamais vraiment éloignée de l’actualité sportive et des pages « Cyclisme ». Les deux compères aux manettes de cet album se paient même le luxe de rajouter à cela une ambiance plutôt noire, façon chasse-à-l ’homme entre Vittel et Mont Ventoux. Concrètement, ça donne quoi ?

 

Aux dessins, Nicolas Sure fait le job dans un style pastel résolument personnel et parlant, bien dans l’ambiance du récit. Seul le scénario s’avère être un ton en-dessous : Fred Duval propose un méli-mélo de cyclisme et de polar dans une course-poursuite qui s’essouffle très vite et souffre de quelques lacunes en termes de tension. On ne rentre jamais franchement dans l’histoire de ce récit, l’ambiance cyclisme se fait trop timide et les amateurs ne seront clairement pas rassasiés, la course-poursuite n’emballe pas la faute peut-être à des personnages jamais trop bien posés, toujours distants au possible. On roule de déception en déception, comme une ascension cycliste au pourcentage toujours plus raide. Le sommet paraît toujours trop loin.

Difficile de profiter d’une bande-dessinée autour du cyclisme lorsque la petite reine n’a peut-être jamais été aussi peu présente. Quelques cases trop rares nous donnent l’occasion de goûter au trait des auteurs en la matière, mais ce sera tout. Le reste de l’album n’est qu’un polar pas trop mal maîtrisé autour d’un sombre deal de produits dopants. Mais pas plus. Dommage.

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