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Moix, Matzneff, Polanski : Frédéric Beigbeder au cœur des scandales

L’affaire Moix, le scandale Matzneff, les révélations sur Polanski… Au milieu de toutes ces affaires, on retrouve un homme : Frédéric Beigbeder. L’auteur revenu en pleine rentrée littéraire 2020 avec L’homme qui pleure de rire interroge de plus en plus.

 

 

À chaque fois, un même nom

 

 

Tout commence avant la rentrée littéraire de septembre 2019. Comme le veut la nouvelle formule d’On n’est pas couché qui alterne les chroniqueurs chaque semaine, Frédéric Beigbeder est attendu pour affronter les invités. Problème : parmi eux, Yann Moix dont le livre à sortir Orléans est au cœur d’une vaste polémique. Pire, de vieux dessins et textes antisémites commis par l’auteur et réalisateur des années plus tôt ont ressurgi. Alors que l’on sait l’amitié entre Moix et Beigbeder, tout le monde attend la confrontation. Frédéric Beigbeder n’ira pas : « J'ai appris que ce n'était pas payé. Je ne le savais pas. Je pensais que ce travail méritait salaire […] »[1]. Déjà, de premières questions fusent : alors que l’on connaît l’intérêt de Beigbeder pour les saillies acides et médiatiques, alors que l’auteur n’est jamais avare d’un bon mot pour sanctionner les mondes qu’il fréquente ou a fréquentés, cette marche arrière interroge.

 



27 octobre 2019. Le festival Cinéroman ouvre ses portes. Les invités de marque se bousculent, le public est au rendez-vous. Frédéric Beigbeder a l’honneur de présider le jury et remettre un prix spécial à… Roman Polanski ! « En fait, le prénom de Roman colle bien au festival Cinéroman de Nice » [1] claironne-t-il, comme une première justification à ce choix surprenant alors que le réalisateur est, une fois encore, au cœur de la tempête après de nouvelles révélations sur des relations qu’il aurait eues avec des mineures. Sans remettre l’éternelle question « œuvre-artiste » sur la table, ce choix est-il le plus judicieux à ce moment précis ? De nouvelles questions s’ajoutent aux précédentes. Et ce n’est pas le pire…

 

 

Une attribution « maladroite » du prix Renaudot 2013 à un essai de Gabriel Matzneff sorti la même année, un jury qui avait « voulu faire preuve de compassion »… La sortie du livre de Vanessa Springora Le Consentement approche, les révélations sur Matzneff explosent, et le nom de Frédéric Beigbeder revient au centre de l’attention. Et ses éléments de communication interrogent encore plus fortement : « Évidemment, on se sent morveux. Les critiques littéraires ne sont ni des policiers ni des magistrats. On ne juge pas des livres sur des critères moraux, mais sur leur qualité d'écriture. […] ». Au sujet de sa relation personnelle avec Gabriel Matzneff, Frédéric Beigbeder enfonce le clou : « Parce que j'ai peur qu'il se suicide et que je n'ai pas envie de m'acharner sur un homme déjà cloué au pilori mais pour autant je suis sans ambiguïté dans le camp de Vanessa Springora. Et puis je dois ajouter que je suis effrayé par la liste des pestiférés : Yann Moix en septembre, Peter Handke en novembre, Roman Polanski en décembre, Matzneff en janvier… Ce déferlement de haine me choque. Comme si on devait exécuter une personne par mois. Cela rappelle la « semaine de la haine » dans 1984 de George Orwell. »[2] Voilà, voilà…

 

 

Simple coïncidence, goût du stupre ou mauvais endroit au mauvais moment, les différentes proximités de Frédéric Beigbeder peuvent légitimement poser question.

 





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