"Hérésies glorieuses" de Lisa McInerney : the road to Cork

Hérésies glorieuses est le premier roman de Lisa McInerney traduit en français chez Joëlle Losfeld
Hérésies glorieuses est le premier roman de Lisa McInerney traduit en français chez Joëlle Losfeld

"Hérésies glorieuses" de Lisa McInerney


On  jette un œil sur Internet pour en savoir plus sur ces fameuses Hérésies glorieuses que l’on a entre les mains. « Prix Desmond Eliott en 2016 », un livre présent dans le top 10 des romans noirs du New York Time’s Book Review, une adaptation télévisuelle en cours de préparation … Difficile de garder son calme lorsque l’on s’apprête à découvrir une telle pépite supposée et annoncée. Le livre débarque, en effet en France, chez Joëlle Losfeld (merci, au passage), auréolé d’une traduction brillamment réalisée par Catherine Richard-Mas.


Qu’en est-il, après lecture ? Lettres it be vous livre tout de suite son avis pas plus tard que maintenant !

 

 

 

# La bande-annonce

 

 

 

Après quarante ans d’exil, Maureen retourne à Cork pour retrouver son fils, Jimmy, qu’elle a été forcée d’abandonner. Une nuit, lorsqu’elle tue un inconnu en le frappant violemment à la tête, elle déclenche une série d’événements qui va secouer toute la ville de Cork et révéler différents personnages en marge de la société irlandaise.

Ryan, 15 ans, qui deale et donnerait tout pour ne pas ressembler à son père alcoolique. Sa petite-amie Karine, magnifique et issue d’une classe aisée, avec laquelle il vit un amour pur et passionné, jusqu’à ce que la réalité les rattrape. Tony, dont l’obsession qu’il voue à sa voisine menace de les détruire, lui et sa famille. Georgie, une prostituée qui feint une conversion religieuse aux répercussions désastreuses.

En renouant avec son fils Jimmy, Maureen découvre qu’il a grandi dans le quartier le plus dangereux de la ville et qu’il est devenu un gangster redoutable, mais cette meurtrière involontaire est heureuse de pouvoir compter sur lui pour la sortir de cette situation. En cherchant tous les moyens possibles pour expier ses nombreux péchés, et en premier lieu le meurtre qu’elle a commis, Maureen risque cependant de détruire le plan mis en place par Jimmy, et surtout de les mettre tous en danger.

 

 

 

Dans un style vrai, cru et aussi poétique, Lisa McInerney dresse le portrait touchant, drôle et irrésistible de personnages pris au piège, qui voudraient s’en sortir mais courent tout droit à leur perte.

Lisa McInerney
Lisa McInerney

# L’avis de Lettres it be

 

L’Irlande, la drogue, le sexe, la jeunesse qui s’enfuit et s’en fout … La quatrième couverture donne le ton d’un ouvrage qui s’annonce « dynamite ». Et, autant le dire tout de suite, pour un premier roman, c’est solide, costaud, béton. Une mère revient hanter la vie de son fils abandonné des années plus tôt. Cette mère, elle n’a rien fait de méchant : elle a juste buté un innocent en voiture. Ça commence comme ça. Ambiance …

 

 

 

Maureen, Jimmy, Karine, Tony et consorts … La ville de Cork comme cadre … Des relations troubles comme il faut, une société qui fout sous le tapis ce qu’elle ne parvient plus à nettoyer … C’est autour de tous ces éléments, et de quelques autres, que se tissent ces Hérésies glorieuses sous la plume de l’auteure irlandaise Lisa McInerney. Les personnages sont édifiants : très vite, on s’éprend de certains, on en abhorre d’autres. Les caractères sont bien posés, c’est clair, net et précis. La plume est franche, n’épargne rien à personne, elle fait infuser dans toutes les pages du roman une bonne vieille odeur de pub irlandais une fois la lune couchée. Et puis tout est bien dosé : pas de pathos dégoulinant sur tel ou tel personnage qui subirait les tracas du quotidien, pas d’exagération sur les conneries que vont faire les uns ou les autres. C’est dans la mesure, ça sonne juste. Et c’est franchement agréable !

 

 

 

Malgré tout, un petit regret en passant : Cork embrasse cette histoire mais … franchement, où est l’Irlande ? On était heureux de retrouver l’ambiance si particulière de la contrée verte, on en ressort avec l’impression d’avoir oublié un petit quelque chose. Mais après tout, c’est bien l’Irlande de tout de suite et maintenant qui nous est servie dans ces quelques centaines de pages. Exit les espaces verdoyants et les sons à la cornemuse : dans ces Hérésies glorieuses, ça pue la bière et la sueur. Et c’est pas plus mal.

 

 

 

Indéniablement, il y a du Kerouac, du Easton Ellis, du Salinger dans ces pages, dans cette plume. C’est rude, parfois acide mais terriblement vivifiant. Ca se passe entre le bitume et les bouteilles vides, entre les seringues usagées et les barreaux d’une prison de quartier. Lisa McInerney fait vivre le destin de ces êtres rapiécés au plus près, sans détour trop grand. Franchement, c’est bon !

 

 


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