"La délicatesse" de David Foenkinos : une guimauve aux allures de chef-d'oeuvre ?

La délicatesse

de David Foenkinos

 

 

Parce qu’une bonne histoire d’amour c’est comme son pied, c’est toujours bon à prendre, on en attendait beaucoup de « La délicatesse » de David Foenkinos. Indéniablement encensé par la critique, le roman s’est vu être vendu au-delà du million d’exemplaires en France et loin de nos frontières. Mis en image par David et son frère éponyme Stéphane, « La Délicatesse » a vraiment été un raz-de-marée. Justifié ?

 

 

// « Oui il était marié. Il nageait dans ce qu’il appelait la vie conjucalme. » //

 

 

# La bande-annonce

 

 

Nathalie et François coulent des jours paisibles. Amour, bonheur, stabilité … Un couple parfait comme il en existe si souvent au travers des pages imprimées de nos ouvrages préférés. Un jour, François meurt dans un accident. Nathalie, désormais veuve de son état, s’emmure contre tous ceux qui tenteraient de lui offrir leurs sentiments. Tous, sauf le collègue Markus, un outsider de l’amour, un séducteur de Ligue 2 qui, maladroit et médiocre, envisage de séduire Nathalie après un baiser volé … Entre délicatesse et amour disparate.

 

 

 

// « Après leur dernier échange, il était parti lentement. Sans faire de bruit. Aussi discret qu'un point-virgule dans un roman de huit cents pages. » //

 

 

 

 

# L’avis de Lettres it Be !

 

 

Un style enlevé, un procédé d’écriture agréable et qui se déroule devant nos yeux sans réelles fioritures, une histoire saveur guimauve trop édulcorée mais qui nous tient tout de même en haleine jusqu’à un dénouement à peu près surprenant … Oui, c’est vrai : chez Lettres it be, la lecture de « La Délicatesse » n’a pas été un doux moment de bonheur littéraire mais plutôt une lente aversion aux romans d’amour modernes qui montait en nous. David Foenkinos, n’avait, jusqu’à présent, que très peu défrayé la chronique muni de sa plume. On ne se souvient que pas assez de ses précédents romans « En cas de bonheur », ou du non moins peu mémorable « Nos séparations ». C’est véritablement avec « La délicatesse » que l’auteur parisien perce le plafond de vers, celui qui sépare les auteurs méconnus des plumes à jackpot.

 

 

 

// « Elle ouvrit la porte, et proposa à Markus de sortir. Ce qu’il fit difficilement. Il était Armstrong sur la Lune. Ce baiser était un si grand pas pour son humanité. » //

 

 

 

Après, il faut rendre à ses arts ce qui appartient à ses arts : Foenkinos nous délivre ici un ouvrage qui a tout pour plaire. Un peu comme un chemisier tout droit sorti des rayonnages d’une enseigne de prêt-à-porter low-cost : on sait que ce n’est pas une superbe qualité, qu’on ne pourra pas en profiter longtemps, mais l’effet sera suffisamment plaisant au premier abord. Malheureusement, les relations humaines lavées à la Javel et le vide sidéral des personnages du roman font que l’on a du mal à se souvenir de l’ouvrage. Une platitude si bien mise en image, avec regret : Audrey Tautou incarne sans aucun brio une Nathalie sèche comme un coup de trique et dénuée de toute humanité, alors que François Damiens réussit le pari de faire de Markus le seul personnage attrayant et presque attachant d’un long-métrage qui tient plus de promesses que l’ouvrage dont il est tiré.

 

 

 

Les histoires d’amour finissent mal en général. Surtout lorsqu’elles sont écrites par des auteurs français qui promeuvent leurs bouquins comme des barquettes de jambon sous cellophane en tête de gondole. Malgré un lectorat tout aussi étendu que les recettes réalisées, les Musso ou autre Lévy n’incarnent pas la littérature que l’on chérie chez Lettres it be. David Foenkinos s’installe juste un cran au-dessus de cette ribambelle d’auteurs d’amourettes mièvres. Regrettable pour un auteur qui en a bien plus, de hauteur.

 

 

 

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