"Les retrouvailles" d'Olivier Maulin : Un huis clos palpitant

Les retrouvailles

d’Olivier Maulin

 

 

 

Le huis clos, aussi bien en littérature que sur le grand écran, est souvent usité. Cela pour insister, parfois lourdement, sur l’oppression que peuvent subir les personnages centraux et l’absolue nécessité de faire face à eux-mêmes pour s’extirper de la situation qu’ils traversent. Dans son livre « Les retrouvailles », Olivier Maulin reprend cette recette en y ajoutant un soupçon d’amitiés retrouvées après une longue interlude et un cadre enneigé séparé de toute civilisation par un télésiège dernier cri. Avec cette plume qui le caractérise si bien, Maulin nous livre un roman plein de promesses. Pari tenu ? Lettres it be vous donne son avis !

 

 

 

// « Elle disait cela sans colère et sans haine, avec toujours ce petit ton censé la placer au-dessus de la mêlée. Laurent voulut lui demander pourquoi elle restait avec lui dans ce cas mais il n’ose pas. Pour combler le silence, il se renseigna sur les raisons de la haine entre son marie et sa belle-sœur. » //

 

 

 

# La bande-annonce

 

 

 

(Quatrième de couverture) : Vingt-cinq ans qu’ils ne s’étaient revus ! Quand son vieux camarade de fac l’invite à passer un week-end dans la grande bâtisse de son frère, nichée au cœur des montagnes de Savoie, Laurent Campanelli est un homme accompli, un père de famille qui a trouvé sa voie. Il s’y rend avec femme et enfants et revoir avec plaisir Michel, Yvon et leur sœur Flore, son amour de jeunesse à présent mariée à un riche avocat qui est aussi collectionneur.

 

 

 

Mais la camaraderie retrouvée ne tiendra pas longtemps. De lointaines rancœurs se réveillent, ainsi que des passions enfouies et des regrets agissant comme un lent poison. Eclats de voix alcoolisées, étreintes furtives et clandestines, le week-end dérape ; les cadavres sortent peu à peu du placard et font vaciller les vérités que l’on croyait les plus solides. Sous la neige, à l’écart du monde, un drame se noue. Il n’est pas certain que tous s’en relèveront. Le huis clos se transforme alors en cauchemar, dans une ambiance que ne renierait pas le Stephen King de Shining.

 

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

 

« Les Retrouvailles » est une petite gourmandise. Autant aller immédiatement à l’essentiel. L’ennui ne point que rarement, les dialogues rythmés entretiennent toute la vie de ce roman. D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de penser, durant la lecture du livre d’Olivier Maulin, au film de Roman Polanski « Carnage », un huis clos que l’on croit être retranscrit, par endroit, dans le roman. Une anecdote filmique qui plaira aux amateurs du genre !

 

 

 

La plume d’Olivier Maulin est d’une originalité rare. Ce fut une véritable découverte pour nous, chez Lettres it be, mais il faut bien avouer que ce Monsieur a du talent à revendre. Cette plume qui, tantôt s’inspire librement de la farce rabelaisienne, tantôt de l’angoisse grotesque, cette même plume nous offre un cocktail explosif. Les personnages sont très vite (et très bien) posés, le cadre dans lequel va se dérouler cette histoire nous saute aux yeux et s’impose à nous, sans explications excessives ou descriptions à rallonge. Tout est brillamment dosé et cela dans un roman relativement court, 184 pages au compteur.

 

 

 

« Les retrouvailles » est un véritable plaisir de lecture, un exercice d’équilibrisme. Nous ne sommes pas face à un chef-d’œuvre qui demeurera dans les annales, et pourtant, il faut reconnaître la maîtrise. Malgré ces « retrouvailles » amicales, le roman ne verse jamais dans la psychanalyse de bas-étage des relations humaines ; malgré l’angoisse finale, le roman ne verse jamais dans une intrigue qui s’essouffle comme un grabataire sur un 400 mètres. Un petit plaisir livresque à découvrir sans plus attendre !

 

 

 

// « - C’est lui qui nous a surpris, répétait Flore. Il sait … Il veut … Il va te faire du mal durant la nuit …

Laurent eut un rire nerveux. Il fut pris de tremblements et d’une subite envie d’uriner. Il eut le réflexe de verrouiller la porte, se rappela que les cellules ne fermaient pas. » //

 

 

 

 

 

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