"Mrs Hemingway." de Naomi Wood : le vieil homme et la mère

"Mrs Hemingway." de Naomi Wood


 

« Mrs Hemingway ». Le nom de ce second roman de Naomi Wood, publié en mai dernier, ne vous est sûrement pas inconnu. Une douce couverture bleutée, deux silhouettes de femme et une d’homme entreposées autour de deux échelles. Un large bandeau pour envelopper le tout. Cet ouvrage, paru aux éditions de La Table Ronde a déjà conquis un large public en retraçant les différentes amourettes de l’immense Ernest Hemingway. Alors, Lettres it be aussi a été conquis ?

 

 

// " Perdre sa capacité à écrire, c'était perdre sa capacité à libérer son esprit de ses angoisses. Ecrire, c'était entrer dans une maison magnifique : un lieu propre et éclairé où la lumière tombait en de grands faisceaux blanc sur de beaux parquets en bois. Ecrire, c'était se sentir chez soi, c'était y voir clair. " //

 

 

 

# La bande-annonce

 

 

Durant l’été éclatant de 1926, Ernest Hemingway et sa femme Hadley partent de Paris pour rejoindre leur villa dans le Sud de la France. Ils nagent, jouent au brige et boivent du gin. Mais où qu’ils aillent, ils sont accompagnés de l’irrésistible Fife, la meilleure amie de Hadley, et l’amante d’Ernest...

Hadley est la première Mrs. Hemingway, mais ni elle ni Fife ne sera la dernière. Au fil des décennies, alors que chaque mariage est animé de passion et de tromperie, quatre femmes extraordinaires apprendront ce que c’est que d’aimer - et de perdre - l’écrivain le plus célèbre de sa génération.

 

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

 

Naomi Wood publie avec « Mrs Hemingway. » son deuxième roman. Il fait suite à « The Godless boys », ouvrage non traduit en France. La jeune Naomi Wood, qui soufflera sa 35ème bougie bientôt, livre ici un roman qui vise à percer la figure massive d’Hemingway, un géant aux pieds d’argile, un homme dont le destin n’avait d’égal que la puissance de son œuvre. Un pari osé pour celle qui a entamé l’écriture de cet ouvrage pendant la réalisation de son travail de thèse.

 

 

 

Disons-le sans grand suspens : autant la figure d’Ernest Hemingway, centrale dans son roman, est un atout fort du livre, autant le récit des différentes amourettes de l’auteur du « Vieil homme et la mer » est très vite lassant. On zigzague entre les différentes femmes d’Hemingway, ces dames qui émaillèrent la vie du prix Nobel de littérature 1954, mais tout cela sans grande passion. A défaut d’être présenté comme un être tourmenté, écorché par la vie, Hemingway paraît plutôt insipide ici, oscillant entre désir profond d’amour stable et volonté farouche de se faire le conquérant du sexe féminin. On se demande même si ce n’est pas la figure de l’écrivain qui est tant choyée plutôt que l’homme, dans ses failles et ses étincelles. Une question lancinante, pourtant intéressante, mais jamais abordée de front.

 

 

// "Quel charme ! Quel magnétisme ! Les femmes se jettent des balcons, le suivent à la guerre et détournent le regard le temps d'une liaison parce qu'un mariage à trois vaut mieux que d'être seule." //

 

 

 

Une lecture pseudo-psychanalytique mais pas forcément infondée du roman nous pousserait à la conclusion suivante : Ernest Hemingway, qui confiait souvent « haïr sa mère » trouvait en ces femmes l’accomplissement de son amour maternel. Mais cette idée, qui prévaut tout au long du livre et qui aurait pu donner une toute autre puissance à l’histoire, n’est finalement qu’une toile de fond bien terne qui s’assoupit page après page, faute de savoir retranscrire la tension amoureuse / sexuelle entre ces femmes et cet homme. Dommage.


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