"De cauchemar et de feu" de Nicolas Lebel : Tuerie à l'irlandaise sous le ciel de Paris

 

De cauchemar et de feu
de Nicolas Lebel

 

 

 

 

Un thriller est, finalement, toujours une recette de cocktail. Les ingrédients sont souvent les mêmes, des ingrédients qui plaisent à la majorité des consommateurs, habitués ou non, mais le dosage fait toute la différence. Le dosage, et le talent du barman. Cette main de maître qui peut faire exploser le goût comme lui conférer une pâleur sidérante, lui ôter toute forme de plaisir en bouche. Un thriller, c’est la même chose. Nicolas Lebel, avec « De cauchemar et de feu », avance pour sa part les ingrédients suivants : un inspecteur bougon aidé d’une jeune femme débarquant timidement dans la Police française, des tueurs à l’irlandaise faisant renaître dans l’Hexagone la guerre des deux Irlande en plein état d’urgence, un meurtre pour ouvrir le bal à base de balles dans les genoux et dans le front.

 

 

 

Alors, savoureux ce cocktail ? Lettres it be vous dit tout !  

 

 

 

 

// « - Je ne vais pas y aller par quatre chemins, capitaine, parce que M. le directeur régional de la PJ de Paris a été très clair. Nous devons être vigilants dans ce que nous disons et ce que nous écrivons. La France est la cible de groupes terroristes. Mais au jour d’aujourd’hui, n’importe quel illuminé peut prendre un couteau et agresser quelqu’un dans la rue et proclamer son appartenance à Daesh ou à Al-Qaida. » //

 

 

 

 

# La bande-annonce

 

 

 

(Quatrième de couverture) : Paris, à quelques jours du dimanche de Pâques.

 

 

 

Un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé assassiné dans un pub, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

 

 

L’autopsie révèle sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent le haut de son dos : IRA.

 

 

 

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. Pourtant, le conflit irlandais semble bien s’inviter à Paris …

 

 

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

 

Ce fut, avant toute autre chose, une découverte pour nous chez Lettres it be. Nous n’avions jamais eu la chance de parcourir un livre de Nicolas Lebel. C’est désormais chose faite, et bien faite.

 

 

 

« De cauchemar et de feu » est, comme nous le disions dans l’entrée de cette chronique, un thriller on ne peut plus classique, qui reprend des éléments que nous retrouvons presque obligatoirement dans les livres du genre. De toute évidence, c’est ce même genre littéraire qui oblige à une recette préconçue, mais la qualité de la plume fait tout le reste. Et celle de Nicolas Lebel brille de mille feux !

 

 

 

Entre actualité proche et récit historique de la belle Irlande, Nicolas Lebel fait naviguer son lecteur en toute simplicité, sans jamais le perdre et sans jamais quitter des yeux l’intrigue, cette même intrigue qui déroule son fil sans que nous n’ayons le temps de voir le temps passer. L’un des pièges tant redoutés est parfaitement évité : le capitaine Mehrlicht n’est pas présenté ici, comme trop souvent malheureusement, comme un être torturé, tiraillé entre alcool et/ou drogue, regrets sur le passé etc… Malgré ses quelques errances, le capitaine n’en demeure pas moins un personnage simple, auquel on peut s’identifier rapidement sans sombrer dans la psychologie facile. Un pari réussi !

 

 

 

 

Pour ce qui est du reste, ce thriller est véritablement brillant. Des phrases bien senties et pleines d'enseignement viennent ponctuer un récit rondement mené. L’histoire des deux Irlande est parfaitement racontée par Nicolas Lebel, on retrouve tout le vécu de ce professeur, linguiste et traducteur, ayant passé de nombreuses années en Irlande avant de revenir sur le sol français pour enseigner son amour des Lettres. L’intrigue est saisissante, quoique attendue par endroit, mais le plaisir de découvrir une tranche d’Histoire prend le pas.

 

 

// « - Je crois en Dieu seulement quand j’ai perdu mes clés. Souvent ça m’aide à les retrouver. Pour le reste, je préfère prendre les choses en main plutôt que de les confier à un type qui existe sûrement pas… ou qui se fout de nous. Ça m’évite pas mal de déceptions, notamment celle de passer des heures à larmoyer. La religion, c’est ce qu’il nous reste quand le toubib sort de la pièce, la tête basse, en répétant qu’il est désolé. » //

 

 

 

 

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