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"Libérons-nous du féminisme !" de Bérénice Levet : de Beauvoir à Balance ton porc, la purge du féminisme

Libérons-nous du féminisme ! est le nouvel essai de Bérénice Levet publié aux Editions de l'Observatoire
Libérons-nous du féminisme ! est le nouvel essai de Bérénice Levet publié aux Editions de l'Observatoire


 

C’est une fin d’année sur les chapeaux de roues du côté des Editions de l’Observatoire : Frédéric Beigbeder avec un nouvel essai attendu de longue date, Yascha Mounk qui défie le populisme dans Le peuple contre la démocratie, le retour de Natacha Polony dans un ouvrage à quatre mains… Des parutions en tous genres plus que jamais intéressantes, dans l’ère du temps, mais aussi et surtout des voix contradictoires pour nourrir les propos. C’est également le cas de l’ouvrage Libérons-nous du féminisme ! proposé par la philosophe et essayiste Bérénice Levet. Un titre fort, mais qu’est-ce qui se cache derrière ? Lettres it be vous dit tout !

 

 

 

Quatrième de couverture :

 

La philosophe Bérénice Levet entend remettre à l’heure les pendules déréglées par le néoféminisme : non, l’homme blanc occidental hétérosexuel n’est pas l’ennemi à abattre ! 

 

Pour l’essayiste, si le féminisme, en son inspiration originelle, est un mouvement d’émancipation, il n’est plus guère aujourd’hui qu’une machine à surveiller et punir, à abêtir et infantiliser, à fabriquer des réalités et en occulter d’autres.

 

Criminalisation du désir masculin, guerre des sexes, néopuritanisme, épuration culturelle, politique du deux poids-deux mesures lorsque le mâle est musulman : nous libérer du féminisme constitue aujourd’hui un impératif catégorique si nous voulons être rapatriés sur terre, loin du monde fictif de l’idéologie féministe. 

 

Bérénice Levet ne craint pas d’affirmer, et d’établir, que la cause des femmes n’est qu’un alibi : le néoféminisme travaille à la déconstruction de notre modèle de civilisation. Patrie de la galanterie, du libertinage, la France doit être le fer de lance d’une révolte contre ces Robespierre du jeu, de la séduction, de la ruse, de la légèreté !

 

Dans cet essai brillant et engagé, la philosophe donne des raisons de résister.


# L’avis de Lettres it be

 

 

C’est un ouvrage qui n’a malheureusement pas fait la une des plateaux et autres journaux en quête de sujets épineux. La faute peut-être à un abord trop changeant de la question féministe : dans Libérons-nous du féminisme ! (tout est dans le titre) Bénénice Levet appelle à une prise de conscience collective au sujet d’une cause noble devenue critique d’elle-même. Imaginez donc… A l’exception d’un court débat sur les antennes de BFM TV (extrait à retrouver ici : https://www.youtube.com/watch?v=gilW4aUbblo) , c’est bien dans son nouveau livre qu’il faudra se plonger pour bien comprendre les tenants et les aboutissants d’une réflexion aussi juste qu’indispensable.

 


Bérénice Levet
Bérénice Levet

Des contradictions lexicales et/ou idéologiques en passant par une déconstruction malicieuse de ce qui fait le féminisme 2.0 à la sauce Twitter, Bérénice Levet déploie un trésor de pédagogie et de recul pour faire voir le féminisme avec un pas de côté plus que jamais nécessaire sur ce qui peut nous être donné à voir. A l’image de ce que la philosophe avance, au sujet de la libération de la parole (page 31) : « Une parole libérée n’est pas une parole libre, elle est une parole immédiate, instinctive, une parole libérée du travail de mise en forme, dictée par les affects, soumise à eux. » Parce que les mots ont encore un sens et qu’ils en arrivent à menacer la cause elle-même, Bérénice Levet de nous le rappeler, sans coup férir. Et, page après page, de mobiliser des ressources, des références diverses et variées pour nourrir son propos, sans intellectualisme bateau, sans goût du stupre et du « clash »… Quand lire ne nous pousse plus qu’à réfléchir sur un sujet d’actualité. Qui dit mieux ?

 

 

 

Il suffisait de regarder le débat de C Politique, la suite du 14 octobre 2018 pour comprendre où on est la large question du féminisme aujourd’hui. Rassemblées sur un plateau dont le thème était « Spéciale Me Too, un an après », nous retrouvions alors comme invitées la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, la journaliste et chroniqueuse pour France Inter Giulia Foïs, la philosophe spécialiste du féminisme Geneviève Fraisse et également Marie Donzel, « coach » qui lutte contre le harcèlement sexuel au travail auprès de directeurs des ressources humaines. Des invitées qui, pour l’occasion, étaient entourées d’un public exclusivement composé de femmes. En somme, un débat (du moins appelé comme tel) entre personnalités partageant la même position et, globalement, les mêmes idées. C’est en ce point que la voix de Bérénice Levet à travers son essai Libérons-nous du féminisme ! est plus que jamais importante : que l’on s’accorde ou pas avec les propos qui sont les siens, profitons tant qu’il en est encore possible des positions discordantes pour nourrir nos idéaux.




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