"Le dernier testament de Ben Zion Avrohom" de James Frey : Le Messie 2.0 is back !

 

 

Le dernier testament de Ben Zion Avrohom

de James Frey

 

 

 

Le retour vers le futur des personnages historiques est un thème récurrent en littérature. Récemment, nous avons eu le droit à « Il est de retour » de Timur Vermes mais aussi à « Re-vive l’Empereur ! » de Romain Puértolas qui imaginait alors la résurrection de Napoléon Bonaparte après quelques siècles passés dans les eaux glaciales de la mer du Nord. Mais avec « Le dernier testament de Ben Zion Avrohom », ce n’est ni plus ni moins que le retour du Messie himself qui est raconté par la plume corrosive de James Frey. Attention, objet littéraire non identifié en approche !

 

 

 

// « Comme le Christ, Ben aimait de manière inconditionnelle et sans jugement ; il aimait les hommes et les femmes également, et ne faisait pas de distinction entre l'amour pour les femmes et l'amour pour les hommes ; il faisait sentir son amour à tous ceux qu'il rencontrait, et d'une manière qui n'avait rien à voir avec ce qu'ils avaient jamais ressenti ; et il comprenait que la religion ainsi qu'elle était pratiquée avait peu de rapport avec l'amour. » //

 

 

 

# La bande-annonce

 

 

 

(Quatrième de couverture) : Ils disent que le Messie est toujours vivant. Qu’il vit à New York en plein XXIème siècle. Qu’il a des liaisons avec des hommes, engrosse les filles, soigne les malades et euthanasie les mourants … Ils disent qu’il défie le gouvernement et bafoue le sacré.

 

Et vous, que feriez-vous si vous le rencontriez ? Le prendriez-vous au sérieux ?

 

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

 

James Frey est résolument un enfant terrible des lettres américaines. L’auteur né en 1969 à Cleveland dans l’Ohio a touché à tous les styles. D’abord auteur de romans indépendants avec, en premier lieu, « Mille morceaux » et « Mon ami Léonard », des mémoires ayant défrayé la chronique parce qu’inventées de toutes pièces selon de nombreux spécialistes ; puis auteur de romans de science-fiction pour la jeunesse mais aussi producteur de films, James Frey est un touche-à-tout. D’aucuns lui reprochent même une polyvalence avant tout guidée par l’appât du gain.

 

 

 

« Le dernier testament de Ben Zion Avrohom » est un ersatz de chef-d’œuvre. Tout semble être réuni dans ce roman : du mysticisme à souhait, une écriture à plusieurs voix avec des chapitres largement inspirés des Évangiles, de la subversion acide, des réflexions sur des sujets qui nous concernent plus que jamais … James Frey tape dans le mille plusieurs fois. Mais il semble rater la cible finalement.

 

 

 

Ce roman paraît complexe au prime abord, c’est certain. Mais une fois plongé dans sa lecture, on prend goût à toutes les péripéties de ce Messie 2.0 ayant plutôt les allures d’un Kurt Cobain en soutane. Certaines réflexions sur la pratique de la religion de nos jours sont plus qu’intéressantes, mais malgré cela, le roman tourne parfois en rond, souvent pourrait-on même dire. Ce qui, in fine, nous empresse plus d’arriver à la fin que de perpétuer une lecture qui tient difficilement en haleine. Malgré tout, « Le dernier testament de Ben Zion Avrohom » est un pari osé avec un thème plus que périlleux. Une tentative réussie par endroit, une lueur qui s’installe parfois dans ces pages. A lire !

 

 

 

// « On peut survivre à un traumatisme, mais souvent pas beaucoup plus. Il vous tue en vous permettant de continuer à vivre. » //

 

 


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