"Dancing Queen" de Fred Roigoon : Quand ABBA mène aux abats

 

Dancing Queen
de Fred Roigoon

 

 

Parce qu’il y a du talent sous toutes plumes, la rédaction de Lettres it Be s’est penchée aujourd’hui sur un bien curieux thriller que celui offert par Fred Roigoon, « Dancing Queen ». Auteur en devenir, Roigoon ne manque pas de nous faire entrer dans son univers rempli de noirceur. On y retrouve tous les éléments qui contribuent à faire d’un livre un entremêlement de feuilles qui ne quitte pas vos mains avant de l’avoir entièrement dévoré. On y retrouve un rapport particulier avec personnage central qui émeut plus qu’il ne devrait écœurer. Troublant.

 

 

// « Ses yeux brillaient. Le niveau de la bouteille de whisky descendait. » //

 

 

 

# La bande-annonce

 

 

 

(Quatrième de couverture) : Plus qu’un simple fan, Gabriel est obsédé par une superstar de la chanson. Pour lui, il n’y a aucun doute : cette jolie blonde ne peut être que sa mère. D’ailleurs, ne lui ressemble-t-il pas ?

La retrouver lui apportera enfin amour et tendresse, sentiments dont il a été tant privé. Mais pourchasser cette chimère suffira-t-il à le débarrasser de cette violence qui l’habite, cette cruauté qui parsème son chemin de cadavres sanglants ? Aura-t-il le courage de combattre ces forces obscures qui tiraillent son corps androgyne, ce corps dont tous les hommes raffolent ?

Alors que les policiers le traquent à travers l’Europe, Gabriel nous dévoile sans pudeur l’origine de son inhumanité … avec ses mots à lui … des mots qui le feraient presque passer pour un ange.

 

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

 

Autant le dire sans plus attendre : « Dancing Queen » surprend avant tout par le rapport psychologique qu’il crée entre le lecteur et ce personnage principal en pleine quête matricielle, ce Gabriel, ange arcbouté entre noirceur destructrice et envie de pardon. Le thriller reprend tous les éléments que l’on retrouve peut-être trop souvent : un policier qui mène l’enquête en devant faire face aux péripéties de sa propre vie (une femme qui s’éloigne, une autre qui se rapproche dangereusement, une vie tourmentée), une intrigue croisée qui s’écoule entre roman d’initiation et folie meurtrière, un cadre parfois enneigé où le froid extérieur n’a d’égal que celui des cadavres en attente d’autopsie … Cela pourrait lasser, mais lorsque ces éléments sont maîtrisés de main de maître comme ici et ailleurs (le sublime « Territoires » d’Olivier Norek), on ne peut que goûter son plaisir !

 

 

 

// « Ah ! Les livres ! Ils étaient devenus mes compagnons de route, mes seuls amis, mes abris d’infortune. » //

 

 

 

Comme dit précédemment, la psychologie de Gabriel est étalée au grand jour, page après page, créant ainsi une relation toute particulière d’avec le lecteur. Comme rarement dans d’autres thrillers, la possibilité nous est donnée d’entrer dans l’intimité de celui qui s’avèrerait être le coupable, d’entrer dans le tréfond de l’inhumanité que l’on se surprend à prendre en empathie. Comme rarement, la culpabilité revêt le doux apparat de la violence induite, de l’humanité réduite à ce qu’elle a de plus bas.

 

 

 

Fred Roigoon, auteur de ce thriller surprenant, est un ancien pilote militaire également passé dans le cockpit des avions de la compagnie EasyJet où il officie toujours. Passionné de littérature, on retrouve sous la plume de Roigoon des références qui mettent notre cœur en joie : « Le Rouge et le Noir », « Germinal » … Ce « Dancing Queen » est son quatrième ouvrage, le tout premier écrit avec la ferme volonté d’en faire un thriller policier. Comme il le dit lui-même, Fred Roigoon a voulu ici « Retrouver l’ambiance des années quatre-vingt, quand les policiers utilisaient essentiellement leur flair ». Un pari dignement réussi qui ne peut que nous encourager à découvrir davantage cet auteur surprenant à bien des endroits.

 

 

 


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