"Fantôme" de Jo Nesbø : Du neuf avec du vieux ?

 

Fantôme
de Jo Nesbø

 

 

 

Romancier à succès venu du froid norvégien, récompensé par de nombreux prix depuis son premier roman « L’homme chauve-souris » paru en 1997, Jo Nesbø a de quoi séduire. Chaque nouveau roman issu de sa plume est scellé du sceau du succès à venir, ce qui en fait l’un des auteurs que l’on retrouve le plus souvent en tête de nos gondoles littéraires. Avec « Fantôme », Jo Nesbø nous livre la neuvième aventure du désormais célèbre inspecteur d’Oslo, Harry Hole. Chez Lettres it be, nous étions impatients de démarrer cette nouvelle aventure. A tort ?

 

 

 

// « D'une manière générale, c'est peut-être trop espérer, la résurrection. La vie ne nous enseigne peut-être pas grand-chose, mais elle nous enseigne ceci : on en peut pas faire marche arrière. » //

 

 

 

# La bande-annonce

 

 

 

(Quatrième de couverture) : Trois ans après avoir démissionné de la police norvégienne et s'être exilé à Hong Kong, Harry Hole revient à Oslo. Mais, cette fois-ci, l'affaire s'annonce plus difficile que prévue, intime et douloureuse : Oleg, le fils de Rakel, le grand amour de Harry, a été arrêté pour le meurtre d'un dealer avec lequel il s’était acoquiné. Tout semble accabler le jeune homme. Ne manque plus que le mobile. Très vite, Harry découvre que la victime et Oleg officiaient pour un mystérieux groupe de dealers, dirigé par quelqu'un dont on ne sait pour ainsi dire rien, hormis son nom : Dubaï. L'apparition de Dubaï à Oslo a coïncidé avec celle d'une nouvelle drogue dans les bas-fonds de la ville, la fioline, une substance créant une dépendance très forte mais qui n’est pas aussi destructrice que d'autres stupéfiants comme l'héroïne.

 

 

 

Alors que la corruption semble gangrener les différents échelons du pouvoir politique et de la police locale, Harry met, sans le savoir, les pieds dans une fourmilière criminelle et va très vite devenir la proie des différents malfrats qui œuvrent dans l'ombre pour le maintien d'un statu quo ?

 

 

 

# L’avis de Lettres it be

 

 

Prix Clé de verre en 1998, prix Riverton en 1997, prix Michel Witta en 2016 … Jo Nesbø n’en finit pas d’accumuler les récompenses pour ses romans. Romancier à succès, Jo Nesbø est avant tout en footballeur raté, qui est passé très près d’une carrière brillante sur les terrains herbeux.  Mais cet échec balle au pied lui vaut désormais un succès fulgurant stylo à la main, pour le plus grand plaisir des amateurs de thriller, genre dans lequel l’auteur norvégien s’est lancé corps et âme.

 

 

Avec pour héros principal, Harry Hole, qui rappelle sans nul doute possible le Harry Bosch de Michael Connelly, Jo Nesbø a déjà offert une dizaine de romans. D’une écriture froide, enlevée, Jo Nesbø inspire avant tout à adopter un regard acerbe sur les événements dans sa contrée mais aussi dans le reste du monde. En somme, des thrillers qui allient enquête policière et dénonciation des mœurs de notre temps.

 

 

Pour « Fantôme », Jo Nesbø nous fait retrouver son commissaire bourru et brut qui se noie dans l’alcool et s’échappe avec les volutes de ses cigarettes dans une affaire au demeurant classique mais qui s’avère bien plus complexe que prévu avec des relations floues entre milieu de la drogue et milieu du pouvoir et la famille de l’inspecteur qui se trouve être prise dans les rouages de l’affaire … Ce « Fantôme » n’apporte véritablement rien de bien neuf. Pourtant, et comme nous l’avions vu avec plaisir dans « Territoires » d’Olivier Norek, ces ingrédients on ne peut plus classiques peuvent tout à fait être brillamment dosés pour concocter, finalement, un thriller haletant. Mais ici, la recette est bâclée, ratée. Jo Nesbø s’enlise petit à petit dans les limbes d’une intrigue qui n’avance pas pour livrer, finalement, une enquête qui ne tient que rarement en haleine.

 

 

De toute évidence, c’est la déception qui prime. Jo Nesbø nous avait, jusqu’alors, toujours délivré des thrillers de qualité avec une intrigue qui démarrait sur les chapeaux de roues pour finir en apothéose. Ici, la sensation tourne vite au pétard mouillé. Malgré tout, on reste attentif aux romans à venir d’un auteur qui a toujours eu plus d’un tour dans son sac …

 

// « L'homme est une espèce pervertie et blessée. Et la guérison n'existe pas, il n'y a que le soulagement. » //

 

 

 

 

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