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"On ne naît pas grosse" de Gabrielle Deydier : too big or not too big

On ne naît pas grosse est le premier livre de Gabrielle Deydier
On ne naît pas grosse est le premier livre de Gabrielle Deydier

 

 

Homophobie, xénophobie ... A l'heure où l'Autre devient le préfixe indispensable d'une quelconque "-phobie", il n'a jamais été aussi difficile de tenter de se pencher sur de tels thèmes, pourtant tellement d'actualité. Les sensibilités sont à vif, les esprits critiques bien tapis dans l'ombre, voire parfois disparus.

 

En réponse à cette bien triste tendance actuelle, Gabrielle Deydier, fondatrice du webzine culturel Ginette Le Mag publie On ne naît pas grosse aux Editions Goutte d'Or. Grossophobie vous avez dit ?

 

Gabrielle Deydier
Gabrielle Deydier

 

 

 

 Too big or not too big

 

 

 

"Grossophobie". Le terme s'invite timidement dans les médias pourtant habitués à la dénonciation des maux d'aujourd'hui, mais il existe bel et bien. Oui, les gros vivent dans notre société, des gens dont le poids n'entre plus dans les sentiers battus, ce qui suffit déjà à les écarter de nombreuses choses. Emploi, éducation, rôle dans la société ... Après le racisme de classe tendance marxiste, après le racisme de race (pléonasme en passant), voilà le racisme sanitaire, celui qui écarte les handicapés et toutes les personnes qui pourraient présenter une quelconque anomalie, une quelconque entrave aux standards acceptés et acceptables. Pourtant, on les voit ces personnes obèses, on arrive bien à les railler, on les moque, on leur explique comment maigrir parce qu'obligatoirement leur surcharge n'est que le fruit de leur propre volonté. Mais au-delà de tout ça, qui pour tenter de comprendre ? C'est tout l'objet du premier livre de Gabrielle Deydier.

 

 

 

Ne pas y aller avec le dos de la cuillère. Une expression langagière qui colle au premier livre de Gabrielle Deydier. A travers sa propre expérience, mais aussi études à l'appui, ce livre fait la part belle à une dénonciation des pires paradoxes au sujet des "gros" dans nos sociétés et à une critique ouverte et pertinente des éléments sociétaux bien acceptés qui enrobent à tort le cas de ces personnes. Pour celle qui a longtemps vécu dans le sud de la France, c'en est trop. Trop de non-dits, trop de bêtise répandue : il est grand temps de regarder dans les yeux cette problématique de santé publique qui aujourd'hui n'est plus que l'épouvantail que l'on a trop vu et que l'on ne souhaite plus voir.

 

 

Un ouvrage brillant, qui ne verse jamais dans la trop grande sensiblerie, une plume à fleur de peau et qui pourtant touche là où ça fait mal, pour tout le monde. Le succès rencontré par ce livre en France mais aussi à l'étranger se comprend aisément : ça fait tellement de bien de voir être dénoncé ce qui doit réellement l'être ! En passant, félicitations aux Editions Goutte d'Or qui après Steak Machine et Paname Underground, rajoute un ouvrage-référence à leur (déja) excellent catalogue.



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Commentaires : 1
  • #1

    marlene jones (mercredi, 25 octobre 2017 06:55)

    J'ai lu cet essai et il est d'une médiocrité absolue, à mon avis, très exagéré et surtout voilà : "les gros sont persécutés , c'est horrible mais on ne peut rien faire pour que ça change." Si 'j'étais obèse je finis ce livre je me pends direct. Quel intérêt s'il n'y a pas de solution ?