"Gabrielle ou le jardin retrouvé" de Stéphane Jougla : les fleurs de ce mal


Stéphane Jougla publie son dernier roman chez Denoël
Stéphane Jougla publie son dernier roman chez Denoël

"Gabrielle ou le jardin retrouvé" de Stéphane Jougla


 

Ecrire sur la disparition, sur l’absence de l’être aimé. Un thème récurrent et qui ne perd jamais de sa force. Malheureusement, les traitements sont souvent inégaux et la qualité littéraire pas toujours au rendez-vous. Stéphane Jougla, auteur toulousain qui publie son quatrième roman pour la première fois chez Denoël, se risque à cet exercice avec Gabrielle ou le jardin retrouvé. Une prise de risque bienvenue ?

 

 

# La bande-annonce

 

 

«Gabrielle distinguait ses amis en deux catégories : ceux des livres, qu’elle voyait à la bibliothèque ou au lycée, et ceux des plantes, qu’elle rencontrait chez les pépiniéristes ou dans les foires aux plantes de la région. Martin les confondait tous - vieilles dames amoureuses de Marcel Proust ou des fougères arborescentes, créateurs de jardins feng shui ou poètes du dimanche, fleuristes aux mains calleuses, botanistes pensifs…»

 

 

 

Gabrielle a deux passions : la lecture et son jardin. Lorsqu’elle meurt accidentellement, le monde de Martin, son compagnon, s’effondre. Inconsolable, il s’efforce de maintenir vivant le souvenir de la femme qu’il aimait. Lui qui n’ouvrait jamais un livre et pour qui le jardin était le domaine réservé de Gabrielle, se met à lire ses romans et à entretenir ses fleurs.

 


C’est ainsi qu’il découvre un secret que, par amour, Gabrielle lui avait caché. Ce secret bouleversera sa vie, mais lui permettra de surmonter son deuil d’une manière inattendue.

# L’avis de Lettres it be

 

 

Après L’Idée, le premier roman de Stéphane Jougla, couronné du Prix Méditerranée des lycéens en 2003, celui qui nous vient tout droit de la ville rose envahit à nouveau les librairies avec un livre discret, qui a tout de la banalité (un sujet un peu trop récurrent) et qui pourtant surprend sur bien des points.

Malgré le thème de l’absence qui s’impose comme un leitmotiv de l’auteur dans toutes les pages de son roman et ce dès la quatrième de couverture, une étrange sensation flotte en nous durant la lecture de ce roman à la couverture un poil trop champêtre. Le thème a été traité, traité et retraité, et pourtant l’étrange atmosphère qui s’échappe de ce livre au rythme de lecture très rapide est tout à fait captivante.

 

 

 

La perte de l’être aimé peut mener aux pires errances, c’est bien connu et déjà très (trop ?) développé dans les rayons de nos plus belles librairies. Pourtant, Stéphane Jougla prend un contre-pied intéressant en narrant la survivance de Martin après le décès de Gabrielle, sa tendre compagne. La folie rôde, comme chez Olivier Bourdeaut En attendant Bojangles ou encore du côté de Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet. Une folie dévorante, tapie dans l’ombre, qui donne une toute autre dimension à ce livre. Une petite pépite à découvrir du côté de chez Denoël.


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